République et gravitation

Publié le par sauvons-la-maternite-2011

Le mystère d'une rivière qui semble monter, tant le coup de pédale se fait dur, une cathédrale pavoisée de tricolore, un compagnon de route qui doit quitter la "caravane"... Le récit de Marc Vuillemot nous invite à nouveau à suivre l'"aventure humaine".

 

Journée "syndicalo-radicale" aujourd'hui, avec un premier accueil au camping par des militants de la FSU, suivi d'un autre accueil  - au Champagne ! - à la magnifique mairie de Sens (PRG), où nous avons été reçus par Francine Weecksteen, maire-adjointe chargée de l'emploi et du commerce, et par Michel Fourré, maire-adjoint délégué aux affaires sociales, à la lutte contre les exclusions et au logement, lui-même médecin hospitalier, en présence de Philippe Genius, maire (également PRG) de  la commune voisine de Vernoy. Tous ont naturellement signé notre pétition, comme les autres élus et syndicalistes précédemment rencontrés, qui se retrouvent dans notre démarche, tant elle parle aux acteurs de la vie citoyenne de ces départements ruraux victimes de plein fouet des politiques de démantèlement des services publics.

J'ai eu le bonheur de visiter l'édifice de la mairie de Sens et j'ai admiré le plafond ouvragé de la salle des mariages (trois fois plus grande que la nôtre en surface au sol, et autant en hauteur sous plafond !) qui comporte en chacun de ses angles l'un des termes de la devise de la République : Liberté, Égalité, Fraternité. C'est une salle triangulaire, me demanderez-vous ? Non, le maire qui, au XIXe siècle, fit réaliser la décoration de cette pièce rectangulaire devait être un visionnaire de la République du XXIe siècle, en faisant inscrire dans le quatrième angle le terme... Solidarité. Celle-là même dont certains funestes qui nous gouvernent semblent avoir oublié le nom...

Ça devient tellement banal de le dire, mais l'accueil des gens d'ici a encore été chaleureux. Tels ces joueurs - parmi lesquels un Seynois d'origine - de jeu d'échecs géant installé sur la place de la République, en face de la cathédrale au faîte de la plus haute flèche de laquelle flotte le drapeau tricolore, manière de rappeler quelques fondamentaux républicains en matière de séparation de l'Eglise et de l'État à ceux qui les auraient oubliés. Dame, on est en terre radicale, ici !

Nous étions cinq à pédaler aujourd'hui : Patrick, Marie, Massimo, Jérôme et moi. Jérôme qui nous a quittés après treize jours d'aventure partagée. Pincement au coeur à l'heure de son départ. Cette aventure humaine est tellement forte. Merci et à bientôt, Jérôme.

Un dernier point qu'il faut nous aider à élucider, si possible. Nous avons souffert pour couvrir les 70 km depuis Auxerre. Pourtant notre route suivait le cours de l'Yonne. Sauf si les lois de la gravité ont été changées depuis notre départ (je n'ai pas feuilleté le Journal Officiel), on pourrait supposer que l'eau de la rivière, pour s'écouler vers la Seine dont elle est affluent, a besoin d'une pente, fût-elle légère. Or, nous qui longions les berges n'avons cessé de pédaler avec ardeur et parfois avec difficulté, alors que nous aurions dû laisser nos vélos glisser vers l'aval. Il est des mystères de la nature difficiles à élucider...

Comme celui qui consiste à choisir de fermer la maternité qui accueille le plus (et de plus en plus) de naissances d'un département, installée dans le plus récent hôpital public de ce département, et dans ce qui est supposé être le pôle "mère -enfant" de la plus grande agglomération de ce département ! Vraiment, dans les vaisseaux sanguins de la tête des hurluberlus qui procèdent à de tels choix, il doit y avoir une Yonne dont le flux remonte vers sa source.

 

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