"On va la sauver notre maternité !"

Publié le par sauvons-la-maternite-2011

Marc Vuillemot réagit, entre humour et colère, à une lettre reçue hier de l'Agence régionale de la santé (ARS), et il évoque avec émotion l'accueil réservé à l'équipe "Sauvons la maternité" par la Ville d'Avallon. Récit.



J'hésite encore entre colère et éclat de rire. J'ai reçu aujourd'hui un courrier de l'Agence Régionale de la Santé (ARS), à qui je ne demandais rien, tant je n'attends plus rien d'elle et tant je crois qu'il est temps de "parler politique" (au plus noble sens du terme) avec de vrais interlocuteurs politiques, ce qui a motivé ma démarche de me rendre au Ministère de la Santé. Ce courrier, donc, me conduit à confirmer ce que je m'évertue à penser et à dire depuis des semaines, et en particulier depuis que je chemine à bicyclette au travers de notre belle France et que mon opinion se conforte à l'écoute des nombreux élus et citoyens, engagés ou non, divers dans leurs sensibilités, mais unanimement républicains, que je rencontre à chacune de mes haltes.

Ce que je m'évertue à penser et à dire, c'est que la question de la maternité de La Seyne et de l'Ouest Var n'est pas, pour l'élu de la République que je suis, une question relevant de la science technique médicale, mais un vrai et gravissime enjeu d'aménagement du territoire pour répondre à l'obligation impérieuse qui s'impose à tous les acteurs publics de traduire dans leurs actes les principes suprêmes qui sont gravés dans le marbre de la Constitution de notre pays. En l'occurrence, l'Égalité, l'une des trois valeurs inscrites aux frontons de nos édifices publics. Et, en particulier, l'égalité territoriale face à l'accès aux soins.

Alors, dans ce courrier en forme de réponse à des questions que je n'ai jamais posées, et dont le maire que je suis se moque éperdument car, au contraire des technocrates qui me l'ont adressé, il est, fort heureusement dans notre système démocratique, permis d'être élu sans avoir à passer un permis de l'être, on m'explique que ce serait aux personnels hospitaliers de décider de ce qui est bon pour nos concitoyens.

Halte-là !

Non, Messieurs-Dames les rédacteurs de cette missive en forme de note technique, vous êtes gravement hors sujet. Et je ne vous permets ni me donner de leçons de pourcentages de tels spécialistes disponibles, ni surtout de m'expliquer que la voix de fonctionnaires hospitaliers, dont je respecte par ailleurs la science et le savoir-faire, vaut plus et mieux que celles des élus du peuple que mes collègues et moi sommes le temps de nos mandats. Et vous considérez que leurs avis feraient force de règle à appliquer ! Et vous voudriez me le faire admettre ! Vous mériteriez une fessée déculottée pour n'avoir pas repassé votre leçon de B.A. BA d'éducation civique !

Moi, simplement, je vais plaider pour la République appliquée à tous les coins de son territoire. Appliquée, en particulier, lorsque des milliers de ses citoyens clament une volonté, lorsque des milliers d'entre eux, résidant dans des quartiers populaires en cours de rénovation urbaine, voient dans la présence d'un service public hospitalier de proximité une reconnaissance de leur dignité durement bafouée par leur situation sociale et économique, et lorsque les instances délibérantes des assemblées légitimement élues de nos communes, unanimes au-delà de leurs diversités politiques, votent solennellement pour porter les paroles de leurs populations.

Nous sommes en France. La France de la République Française. Sauf révolution qui m'aurait échappé entre deux coups de pédale, c'est une démocratie, c'est-à-dire un système dans lequel le pouvoir est exercé par des élus, par délégation du peuple, et non par des techniciens, aussi compétents fussent-ils, et respectés, d'ailleurs, pour leurs compétences. Je ne vous répondrai donc pas. D'ailleurs, je ne vous ai rien demandé et je n'ai rien à vous dire. C'est à des décideurs politiques que je vais m'adresser. Et c'est à eux que vous devrez obéir, car c'est ainsi que doit être l'ordre des choses dans notre démocratie.

Et, au fond, votre pitoyable "note de service" me conforte, ô combien, dans la légitimité de ma démarche, fut-elle pittoresque. Pittoresque, mais politique.

Allez, venons-en aux choses importantes du jour.

Médaille de la Ville d'Avallon



En l'absence du maire Jean-Yves Caullet, c'est Roland Enes, adjoint au maire d'Avallon, vice-président du Conseil de Surveillance de l'hôpital de la ville, qui nous a accueillis aujourd'hui en sa commune bourguignonne (muni de ravitaillement sous forme de vin de Chablis qui devra attendre la fin de notre épreuve sportive pour être apprécié), après un dur trajet fait de côtes raides et de sympathiques descentes, entrecoupé comme chaque jour de réponses à la presse, et démarré tôt à Arnay-le-Duc avec une température de... 6°C ! Ça incite à pédaler vite, croyez-moi !

A Avallon, ils ont vécu la fermeture d'une maternité en 2003 et, tenez-vous bien, le directeur-adjoint de leur ARS leur a récemment dit que... ça a été une erreur ! Tiens, tiens, les élus ignares en science médicale auraient-ils eu raison ?...

En tous cas, après avoir répondu ensemble aux journalistes de la presse écrite et radiophonique, et avant de nous conduire à la découverte de sa belle ville chargée d'histoire et d'un patrimoine témoin de celle-ci et de nous amener dans les rues médiévales échanger avec ses concitoyens qui ont été nombreux à vouloir signer notre pétition, tant elle fait écho à leurs propres inquiétudes, Roland Enes, au nom du maire, m'a solennellement remis la médaille de la ville d'Avallon, sur la place principale de la commune.

Cette médaille, je la dédie à mes coéquipiers sans lesquels mon périple ne pourrait se faire, à ceux qui nous ont accompagnés un bout de chemin et ceux qui le feront dans les jours à venir, et, surtout, à ceux qui nous soutiennent et s'impliquent à La Seyne, Six-Fours, Saint-Mandrier, Ollioules, Evenos, Sanary, et ailleurs, pour continuer en notre absence la mobilisation citoyenne qui prouve, si besoin était, que, dans l'adversité et malgré les scandaleux efforts des tenants de la technocratie omnipotente qui s'arrogent des pouvoirs indus dans une démocratie, l'espoir demeure intact.

On va la sauver, notre maternité. Et tous les services publics dus à nos administrés. La ligne de partage des clivages s'est déplacée. Il y a d'un côté les Républicains, avec leurs sensibilités qui font notre richesse. Et de l'autre les technocrates aveugles et les obscurantistes anti-républicains.

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